Daniel Lessire (Millevertus) : « pour entreprendre et y arriver, il faut y croire »

Starters, ces héros – Il y a dix ans, Daniel Lessire, trader au cœur du secteur financier, ne connaissait rien de l’univers brassicole. Résolu à changer de vie, partant de rien, il a décidé d’osez l’indépendance en développant la brasserie Millevertus, une des plus belles de la province de Luxembourg. Aujourd’hui, il crée des bières savoureuses. Chaque année, il écoule 1000 hectolitres de ses produits à travers le monde. Il a créé deux emplois et vient de recevoir un prix pour un packaging original remettant au goût du jour le 421, célèbre jeu de dé, lors du Mondial de la Bière de Mulhouse. 

599699_669955563016575_2015947159_nStarters, ces héros. 
Challenge vous propose de découvrir
comment, en Wallonie, des citoyens ordinaires sont parvenus à créer leur entreprise.


« C’est après avoir dégusté de la bière artisanale chez des amis que j’ai su que c’est brasser de la bière que je voulais faire à l’avenir », explique Daniel Lessire. Cet épisode de la vie de cet entrepreneur date d’une dizaine d’année. Jusqu’alors, Daniel Lessire avait fait une belle carrière dans le secteur financier en tant que trader. Depuis un moment, toutefois, il nourrissait l’envie de changer de vie. « J’ai cherché pendant un moment. Je voulais faire autre chose de ma vie et, notamment, m’épanouir dans une activité en lien avec la cuisine. Je voulais travailler mon intuition culinaire », poursuit-il. Après avoir savouré une bière d’exception, Daniel Lessire a donc trouvé comment assouvir ce désir.

« Je n’avais aucune idée de la manière d’y arriver »

t-20110904-H3AV77-0Reste que Daniel n’avait, à l’époque, aucune connaissance particulière dans l’art du brassage. Il n’était d’ailleurs qu’un amateur de bières en devenir. « Je savais ce que je voulais, mais je n’avais aucune idée de la manière de le faire », poursuit l’entrepreneur. Dans ces conditions, le challenge était de taille. « Quand j’ai parlé de mon projet aux premiers brasseurs que j’ai rencontrés, beaucoup n’y ont pas cru. Ils m’ont dit : « mon gars, un bon conseil : reste banquier… », se souvient Daniel Lessire. Les années suivantes leur prouveront qu’ils se sont trompés. Daniel Lessire, la volonté d’entreprendre étant là, a relevé le défi qu’il s’est fixé de manière héroïque. Une dizaine d’années après avoir quitté sa fonction de cambiste, l’entrepreneur est à la tête d’une brasserie  située à Breuvanne (Tintigny), pouvant produire jusqu’à 3000 hectolitres de bière par an. La Brasserie Millevertus fait partie de ces bonnes brasseries que compte la province de Luxembourg. Il a développé une douzaine de bières différentes. Il emploie deux personnes. Il s’épanouit dans son nouveau métier, appliquant les recettes qui lui ont toujours réussi. « Quand j’étais dans la finance, je travaillais les chiffres intuitivement mais c’était une matière abstraite. Aujourd’hui, avec la bière, je crée quelque chose de très concret, que l’on savoure autrement », explique Daniel Lessire.

« Si tu n’es pas passionné, tu ne peux pas t’en sortir »

Le développement de la brasserie n’a toutefois pas été un long fleuve tranquille. Après un parcours initiatique, au cours duquel Daniel s’est documenté avant d’aller se former auprès des brasseurs, il a commencé à brasser dans son garage à Toernich, bricolant lui-même son matériel. Quelques années plus tard, ses locaux n’étant pas adaptés et ne permettant pas un sain développement, Daniel Lessire a investi de manière conséquente à Breuvanne. Il a revalorisé le site d’une ancienne scierie pour créer une brasserie impressionnante.

Dans sa brasserie, avec les brasseurs des « 2 Luxembourgs ».

Partant de rien, Daniel Lessire a su prouver qu’il avait une place dans ce monde brassicole. Il prouve aussi qu’il est possible, malgré l’envergure du projet, de créer une entreprise magnifique en Wallonie. Le secret de parcours ? « Je suis peut-être un peu inconscient. J’ai tendance à agir avant de réfléchir », reconnaît-il. « Mais surtout, j’y ai mis la passion. Si tu n’es pas passionné, tu ne peux pas t’en sortir. Dans mon métier de trader comme pour celui de brasseur, je suis guidé par la passion. C’est ce qui me fait avancer. » Certes, son salaire a chuté. Aujourd’hui, compte tenu des investissements réalisés, il reconnaît peiner à se dégager un salaire. « Il faut que je parvienne à produire un peu plus. Mais c’est en bonne voie », précise l’entrepreneur.

Daniel Lessire a croisé le chemin de Challenge au départ, alors que la structure d’accompagnement des créateurs d’entreprise débutait, elle aussi, son activité. « Challenge m’a appuyé, principalement en me permettant d’ouvrir mon réseau, de m’appuyer sur des compétences utiles au développement de l’entreprise », explique Daniel Lessire.

« Une réelle fierté »

Des compétences qui lui ont permis d’affronter certaines difficultés… « Elles sont liées à la lourdeur administrative », explique le brasseur. « Hier, d’autre part, j’avais une vie professionnelle et une vie de famille. Aujourd’hui, ma vie professionnelle est mêlée à ma vie de famille. Mais je ne regrette rien. Au contraire, je m’épanouis et je crois, comme ma famille, beaucoup en ce projet. Pour y arriver, de toute façon, il faut y croire. Aujourd’hui, c’est une réelle fierté d’être parti de rien, d’avoir créé des produits qui sont appréciés, de les brasser au cœur de ce bel endroit. »

Le 421 au goût du jour

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Daniel Lessire, avec un packaging original, a remis le 421 au goût du jour.

En 9 ans, le parcours accompli par Daniel Lessire, même s’il s’en défend, est héroïque. Cette aventure, elle part de la lassitude d’une vie antérieure, d’une envie d’aventure et de création. Si la vie d’entrepreneur n’est jamais un long fleuve tranquille, et qu’il appartient à chacun d’entreprendre à sa manière, elle permet de s’épanouir, de répondre à une volonté de créer, de développer des idées. Et Daniel Lessire n’est jamais à court d’idée. Il crée des bières comme on développe des recettes de cuisine. La dernière idée qu’il a concrétisée, cependant, a trait au contenant plus qu’au contenu.

« Il s’agit d’un packaging. Je cherchais une manière originale de présenter mes bières. C’est lors d’une partie de 421, le célèbre jeu de dés que l’on trouve dans de nombreux cafés, que l’idée m’est venue… », poursuit Daniel Lessire. « Pourquoi ne pas présenter mes bières dans un plateau de 421, avec des dés, des sous-bocks, un décapsuleur… » Et comme rien n’est impossible, Daniel Lessire a une nouvelle fois trouvé le moyen de transformer une idée, aussi originale soit-elle, en réalité. Aujourd’hui, il présente de nouvelles bières, la 421, la Zanzi et la Nénette (trois figures du jeu de dés) dans le plateau hexagonal, dans lequel se pratique le 421, en carton. « L’idée plaît vraiment.  Je viens de la présenter et j’ai des demandes d’un peu partout », commente Daniel Lessire. « Ce qui me plaît, c’est qu’elle permet de remettre au goût jour ce jeu de café. » Ce packaging original vient d’être honoré d’un prix au Mondial de la Bière de Mulhouse.

 

 

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